02.04.2011

Vis Ménécée, Vis !

Je t’en prie, lorsque les hommes perdent le sens de leur terre, ne nous abandonne pas !

Je te le demande comme le dernier des hommes, dans son dernier souffle, lorsque la mer va renverser ce monde pour lui faire retrouver son origine, celui de l’eau. Alors  buvons ensemble, dans notre chant du départ, nos cœurs l’un contre l’autre, retrouvent  la lumière, rendent aux âmes leur pureté régénératrice.

Il nous avait prévenu parce qu’il était le dernier des prophètes. Et aujourd’hui, le vent du désespoir berce nos civilisations.

Sous les corps qui s’affirment, nos cœurs s‘assèchent.

Nous ne rencontrons que la haine, la méfiance et la force.  Dans notre jardin, nous mourrons, je mourrai mon verre à la main. Empli d’un dernier produit de la vigne, je le lâcherai et nous partirons ensemble.

Ménécée, ne meurt pas, le salut de l’Humanité passe par toi. Sois notre protecteur.

Nous avons à combattre pour notre survie, contre nous même.

Devant le Mont des Illusions,

 je garde espoir de-voir la puissance créatrice se libérer,

je garde l’espoir de vivre cet instant révolutionnaire et novateur où les esprits se libèrent, où les sabres de la pensée se déchainent.

je garde l’espoir de rencontrer la communauté du sens et de l’ivresse.

Nous élaborerons un monde de fêtes, au nom du travail qui est naturel, nous protégerons la lumière. Les prêtresses armées nourriront de leurs seins l’huile sacrée.

Ménécée ! Ménécée ! Tu es mon bouclier contre la dureté charnelle, posons nos têtes une dernière fois sur notre mère. Acceptons de garder la main dans la main l’espoir d’une religion de l’Amour. Notre dieu sera celui du pardon et de la nudité.

Dans le dernier moment de l’apocalypse, je regarderai le soleil s’éteindre, la brume descendre sur nous, l’humidité remplir nos pores.

Je suis serein et j’espère simplement que le souffle dernier sera celui de l’espoir désintéressé, absurde et tragique.

Vis Ménéncée, vis !

05.03.2011

SOLEIL

Sous le quadrige des chevaux de la place St Marc, je souhaite simplement vous tenir la main et regarder le soleil s’éteindre sur l’occident.

Alors, nous assisterons au dernier bal des oiseaux, voyageant entre les touristes et nous.

Attendris, il nous faudra profiter de cette minute, de ce silence, de cet instant où seuls au monde nous ferons face.

Car notre destin ressemble à ce jour qui se meurt, si futile, si éphémère. Tel le papillon dans sa journée de vie, nous aurons connu la chaleur et l’ivresse du soleil ainsi que l’isolement de l’hiver.

Le jour comme ma vie se meurt.

Sereinement, je rends à la roue du destin mon âme, qu’elle hante d’autres corps. Le seul souhait qui porte mon éternité est de m’asseoir à tes côtés et de regarder le soleil se lever.

05.02.2011

LE PETIT GARCON

Le petit garçon assis sur la marche de la maison assiste au bal de midi. Les participants sont nombreux et leurs costumes sont variés. Ils tournent sans cesse. Il faut dire que la nourriture se fait rare. De nos jours, la ville est plus riche que la campagne. A la ferme, tout est protégé, enfermé, clôturé, balisé. Bref, même les souris sont découragées.

Alors, nous les pigeons, nous venons en ville. On tourne de plus en plus vite tels des danseurs.

Aujourd’hui, comme souvent, nous regardons le petit garçon. Il est assis sur la deuxième marche de la maison et finit le biscuit volé en douce.

Nous ne le dénoncerons pas, nous attendons qu’il parte pour pouvoir continuer à nous nourrir.

 

Devant moi, le bal continue. Les danseurs tournent et s’approchent de moi. Ils cherchent ma compagnie surtout quand je tiens mon biscuit. Il faut dire que je fais vite. Je ne dois pas me faire remarquer par ma mère.

Mais c’est toujours plus fort que moi lorsque je passe dans la cuisine, je vois le pigeon assis sur le bord de la fenêtre.

Tiens, je mangerais bien un biscuit !